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Les techniques de gestion des déchets
Traditionnellement,
la gestion des déchets urbains, industriels et commerciaux consistait
à les récupérer puis à les stocker. Une
fois collectée, divers traitements peuvent être appliqués
aux déchets. Le but de ces traitements peut être de réduire
la dangerosité des déchets, de revaloriser les matériaux
par le recyclage, de produire de l'énergie à partir des
déchets, ou encore réduire leur volume, pour pouvoir en
disposer plus facilement.
Les méthodes de récupération varient beaucoup entre
les différents pays et régions, et il serait impossible
de les décrire tous. Par exemple en Australie la plupart des
foyers urbains ont une poubelle de 240 litres qui est vidée chaque
semaine par les autorités locales. Beaucoup de régions,
surtout dans les pays les moins développés, n'ont pas
de systèmes structurés de récupération des
déchets.
Dans les agglomérations canadiennes le tri sélectif est
la méthode la plus répandue de récupération
des déchets et/ou des recyclables et des déchets organiques
suivant un planning défini. Dans les régions rurales les
habitants amènent leurs ordures dans des lieux de collecte. Les
déchets ainsi récoltés sont ensuite transportés
vers une décharge régionale.
Les méthodes de stockage varient aussi beaucoup. En Australie,
la méthode la plus courante de stockage des déchets solides
est la décharge, car le pays est vaste et la densité de
population est faible. À l'opposé au Japon il est plus
fréquent d'incinérer les déchets car le pays est
petit et la place est rare.
Décharge
Stocker les déchets dans une décharge est la méthode
la plus traditionnelle de stockage des déchets, et reste la pratique
la plus courante dans la plupart des pays. Historiquement, les décharges
étaient souvent établies dans des carrières, des
mines ou des trous d'excavation désaffectés. Utiliser
une décharge qui minimise les impacts sur l'environnement peut
être une solution saine et à moindre coût pour stocker
les déchets ; néanmoins une méthode plus efficace
sera sans aucun doute requise lorsque les espaces libres appropriés
diminueront.
Les anciennes carrières ou celles mal gérées peuvent
avoir de forts impacts sur l'environnement, comme l'éparpillement
des déchets par le vent, l'attraction des vermines et les polluants
comme les lixiviats qui peuvent s'infiltrer et polluer les nappes phréatiques
et les rivières. Un autre produit des décharges contenant
des déchets nocifs et le biogaz, la plupart du temps composé
de méthane et de dioxyde de carbone, qui est produit lors de
la fermentation des déchets.
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Les caractéristiques d'une décharge moderne sont des méthodes
de rétention des lixiviats, tels que des couches d'argile ou
des bâches plastiques. Les déchets entreposés doivent
être compactés et recouverts pour éviter d'attirer
les souris et les rats et éviter l'éparpillement. Beaucoup
de décharges sont aussi équipées de systèmes
d'extraction des gaz installés après le recouvrement pour
extraire le gaz produit par la décomposition des déchets.
Ce biogaz est souvent brûlé dans une chaudière pour
produire de l'électricité. Il est même préférable
pour l'environnement de brûler ce gaz que de le laisser s'échapper
dans l'atmosphère, ce qui permet de consumer le méthane,
un gaz à effet de serre encore plus nocif que le dioxyde de carbone.
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Les décharges publiques ou privées posent de
sérieux problèmes environnementaux dans
les pays en développement |
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Une
partie de ce biogaz peut aussi être utilisé comme carburant.
Beaucoup d'autorités locales, particulièrement dans les
zones urbaines, ont des difficultés pour ouvrir de nouvelles
décharges car les riverains s'y opposent. Peu de personnes veulent
d'une décharge dans leur voisinage. C'est pourquoi le coût
de stockage des déchets solides dans ces régions est plus
coûteux, les détritus devant être transportés
plus loin pour être stockés.
Certains s'opposent aux décharges quelque soient les conditions
ou le lieu, en expliquant qu'au final le stockage en décharge
laissera une planète véritablement polluée avec
plus aucune fissure ou espace sauvage. Certains futurologues ont déclaré
que les décharges seront les " mines du futur " : comme
certaines ressources s'appauvrissent, on pourra justifier qu'il est
nécessaire de les extraire des décharges où elles
avaient été enfouies considérée alors comme
non valorisable.
Cet
état de fait et la prise en compte croissante des impacts de
la consommation excessive des ressources a permis, dans plusieurs régions,
d'accroître les efforts pour minimiser la quantité de déchets
mis en décharge. Ces efforts sont la mise en place de taxes ou
prélèvements sur les déchets mis en décharge,
le recyclage des matériaux, leur transformation en énergie,
la conception de produits nécessitant moins de ressources, et
une législation imposant aux fabricants la prise en charge des
coûts d'emballage et de stockage des déchets (c'est pourquoi,
en Allemagne, les fabricants ont mis en place le Grüne Punkt pour
respecter cette législation). Un sujet connexe est le concept
d'écologie industrielle, où les flux de matière
entre les industries sont étudiés. Les sous produits d'une
industrie peuvent être utiles à une autre, cela permet
de réduire les flux de déchets.
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Incinération
L'incinération est le processus de destruction d'un matériau
en le brûlant. L'incinération est souvent appelée
" Énergie à partir des déchets " ou "
des déchets vers l'énergie " ; ces appellations sont
trompeuses puisqu'il y a d'autres façons de récupérer
de l'énergie à partir de déchets sans directement
les brûler (voir fermentation, pyrolyse et gazéification).
Elle est connue pour être une méthode pratique pour se
débarrasser des déchets contaminés, comme les déchets
médicaux biologiques. Beaucoup d'organisations utilisent aujourd'hui
l'exposition des déchets à haute température pour
les traiter thermiquement (cela inclut aussi la gazéification
et la pyrolyse). Cette technique inclut la récupération
du métal et de l'énergie des déchets solides municipaux
comme le stockage adapté des résidus solides (mâchefers)
et la réduction du volume des déchets.
L'incinération est une technique éprouvée et répandue,
en Europe comme dans les pays en voie de développement, même
si elle est soumise à controverse pour plusieurs raisons.
Les controverses concernent généralement les problèmes
environnementaux et sanitaires liés aux incinérateurs
qui ont fonctionné dans le passé, avant l'application
des normes actuelles.
En premier lieu, il s'agit d'un mode d'élimination de déchets
qui a un taux de valorisation limité. L'incinération détruit
les ressources naturelles contenues dans les déchets et ne permet
pas de récupérer 100% du pouvoir calorifique du déchets.
L'énergie récupérée, sous la forme de chaleur
ou d'électricité, provient du refroidissement des fumées
de combustion dans une chaudière, qui permet de récupérer
de la chaleur, qui peut être utilisée directement ou à
son tour entraîner une turbine pour produire de l'électricité.
L'incinération est malgré tout identifiée en France
en 2002 comme la deuxième source d'énergie renouvelable
pour la production d'électricité (après l'hydraulique)
et pour la production de chaleur (après la biomasse).
Deuxièmement, l'incinération des déchets solides
des villes produit une certaine quantité de polluants atmosphériques
(dioxines et furannes, métaux lourds, gaz acides, poussières),
dont les valeurs limites d'émissions sont fixées par la
réglementation. Au cours des années 1990, des avancées
dans le domaine du contrôle des rejets et de nouveaux règlements
gouvernementaux ont permis une réduction massive de la quantité
des différents polluants atmosphériques, y compris les
dioxines et de furannes. L'Union européenne et l'Agence américaine
de protection de l'environnement (EPA) ont pris la décision de
créer des normes très strictes concernant l'incinération
des déchets.
L'incinération produit aussi un grand nombre de résidus
solides (mâchefers) qui doivent être éliminés
en décharge ou qui font l'objet d'un traitement si une valorisation
en technique routière est envisagée. Dans les années
1980, l'entreposage en lieu sûr des mâchefers, qui à
cette époque étaient aussi mélangés aux
cendres, était un problème environnemental important.
Au milieu des années 90, des expériences en France ont
été réalisés pour traiter et élaborer
des mâchefers (extraction des métaux ferreux et d'aluminium,
criblage, broyage, concassage, maturation à l'air libre pour
favoriser des réactions de carbonatation et d'oxydation). Les
résultats positifs des suivis de plate-formes expérimentales
utilisant des mâchefers sous les routes ont permis le développement
de cette filière.
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