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La chasse
La
chasse désigne la traque d'animaux sauvages dans le but de les
capturer ou de les abattre. Là où la chasse est soumise
à une réglementation, la pratique de la chasse en dehors
de son cadre légal est appelée braconnage. La cynégétique
est l'art de la chasse.
Le chasseur est défini par le Codex alimentarius comme toute
personne qui participe à l'abattage du gibier et/ou à
la saignée, à l'éviscération partielle et
à l'habillage partiel sur le terrain des animaux abattus
Fonctions de la chasse
On suppose qu'à l'origine, la chasse permettait un complément
de nourriture carnée et de ressources diverses comme les cuirs
et fourrures, cornes, os, tendons, dents, griffes, défenses,
poils, crins, etc. Dans le nord des régions arctiques, pour les
Inuits, c'était jusqu'à il y a quelques décennies
la seule source de nourriture avec la pêche. La chasse a aussi
depuis plusieurs milliers d'années comme fonction de repousser
ou d'éliminer des prédateurs dangereux pour l'homme (tels
que le lion des cavernes ou l'ours des cavernes) qui appréciaient,
comme l'homme, de passer l'hiver dans les cavernes). Les prédateurs
menaçant son cheptel domestique (loup, lion, tigre...) ont longtemps
été pourchassés, souvent jusqu'à leur extinction
dans les grandes régions d'élevage.
Il est possible que la chasse ait eu assez tôt une importance
rituelle ou d'initiation des jeunes adultes, qui persiste dans certaines
groupes humains. Cela se fait au fusil depuis quelques décennies,
mais pour être reconnu comme adulte, autrefois le jeune Inuit
devait affronter et tuer un ours blanc adulte avec un couteau ou poinçon.
Avec la révolution néolithique et l'avènement de
l'élevage, hormis dans les forêts tropicales et dans les
régions polaires, la chasse pour la subsistance a beaucoup perdu
en importance. Elle s'est peu à peu transformée en activité
de loisir, souvent réservée aux classes dominantes (la
noblesse, puis les notables en Europe) avant de se démocratiser,
après la révolution française en France, retrouvant
parfois sa fonction originelle dans les périodes de disette.
A la fin du XXème siècle, en Occident, le monde de la
chasse met en avant une fonction " écologique " de
régulation des populations animales, en remplacement des grands
prédateurs devenus rares ou disparus, notamment dans les régions
fortement anthropisées. Si le tir sélectif, là
où il est pratiqué, a fait ses preuves pour une "gestion"
restauratoire de populations de cerfs ou de quelques espèces,
la fonction de régulation écologique de la chasse reste
très discutée, car la sélection naturelle pratiquée
par les grands prédateurs qui pistent et tuent préférentiellement
les animaux jeunes et inexpérimentés, malformés,
vieux et malades, n'est que rarement comparable dans ses méthodes
et ses effets aux résultats du tir au fusil, en particulier pour
la chasse de nuit (oiseaux d'eau) qui ne permet pas de distinguer l'état
des oiseaux ni même d'identifier avec certitude toutes les espèces,
ou concernant une multitude d'espèces non chassées par
l'homme (souris, mulots et autres campagnols par exemple) qui sont les
principales proies du loup, du renard, etc., longtemps empoisonnés
ou piégés en tant que concurrents, mais que le chasseur
semble difficilement pouvoir remplacer. De plus, certaines études
laissent penser que les déplacements de chiens et d'espèces
gibier ou certaines introductions de gibiers ont des impacts sanitaires
importants sur les populations sauvages. Zoonoses, parasites, appauvrissement
ou dérives génétiques, pollution génétique
par introduction d'animaux exotiques, d'élevages, ou issus de
croisements et marronnage).
En Europe, la chasse de millions d'animaux issus d'élevages et
relâchés pour cette activité chaque année
a des fonctions inverses de celles attribuées aux prédateurs
naturels.
Un autre problème est l'utilisation massive et encore préférentielle
de munitions toxiques (au plomb) contenant des amorces composées
de métaux lourds. Ce plomb est notamment à l'origine d'un
problème grave et avéré de saturnisme aviaire malgré
une évolution vers la substitution des cartouches au plomb par
des munitions moins toxiques depuis les années 1980 dans certains
pays et pour certains types de chasse. Dans plusieurs pays, la chasse
avec des cartouches de plomb est interdite sur toutes les zones humides
(étangs, rivières, marais, littoral
); les chasseurs
ont l'obligation, dans ces zones, d'utiliser des cartouches de billes
d'acier, ou d'alliages à base de bismuth.
Impacts environnementaux
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Tout
en permettant la conservation de certaines zones humides ou forestières
comme lieu de chasse, l'activité cynégétique a
historiquement marqué les écosystèmes et les paysages,
notamment quand elle s'est accompagnée de l'usage du feu, des
chiens ou de rapaces dressés, du piégeage et du poison.
Si une espèce comme le tigre à dents de sabre semble avoir
naturellement disparu, de nombreuses espèces qui ont facilement
survécu aux trois dernières glaciations, ont brutalement
disparu dans l'hémisphère nord et en Australie, et sur
un certain nombre d'îles, semble-t-il du fait de la chasse, bien
avant l'extension de l'agriculture et des villes. L'archéologie
préhistorique et la paléontologie montrent que ces extinctions
ont toujours commencé par la disparition des gros animaux (dont
en Europe mammouth, éléphant, ours des cavernes, lion
des cavernes, saïga, megaloceros, etc. ). Ces extinctions ont coïncidé
avec l'extension des populations de l'Homme de Cro-Magnon ou de ses
premiers descendants très habiles dans l'usage du silex, du propulseur
de sagaies, de l'arc, et peut-être de techniques de piégeage
et d'empoisonnement.
En Europe de l'Ouest, à la fin du Moyen-Âge, la plupart
des grands mammifères (cerf, chevreuil, aurochs, bison, renne,
etc. étaient en régression, hormis dans les forêts
royales et les zones reculées. Même les gens d'église
pouvaient pratiquer la chasse comme le rappelle un parchemin du moine
Abélard qui interdit aux moines qu'il a sous son autorité
de chasser l'ours plus de deux jours par semaine. Un menu commun de
banquet de Louis XIV pouvait comprendre 300 oursons farcis.
Après la révolution française qui a démocratisé
la chasse, les grands mammifères chassés et les oiseaux
ont encore fortement régressé, disparaissant de régions
entières (ou totalement pour l'aurochs) et partout hors des zoos
puis des anciennes forêts royales de Pologne.
En Amérique du Nord, les chasseurs, l'utilisation généralisée
des fusils a très rapidement provoqué la régression
d'espèces telles que le bison des prairies et la disparition
totale des pigeons migrateurs qui par vols de millions d'oiseaux pouvaient
obscurcir le ciel et cacher le soleil il y a deux siècles à
peine. L'abattage systématique des bisons était plus politique
que du fait des chasseurs, dans le but avoué d'affamer les indiens.
Ce n'est qu'à partir des années 1960/1970 que suite aux
réglementations, aux plans de chasse (instauré sur l'initiative
des chasseurs), et à des réintroductions, et grâce
à une alimentation artificielle dite " agrainage "
que ces populations se sont reconstituées, sur des bases génétiques
appauvries, et dans le cas du sanglier après croisements avec
des cochons, mais non sans succès quantitatifs, parfois au point
de faire d'importants dégâts dans les cultures ou dans
les forêts surexploitées, posant des problèmes dits
de déséquilibres sylvocynégétiques). Il
est à noter que les populations humaines des régions tropicales
et équatoriales, hormis sur les îles, ne semblent pas avoir
fait disparaître d'espèces par la chasse, alors que les
disparitions et régressions ont été très
significatives dans les zones tempérées de l'hémisphère
nord et en Australie.
À la fin du XXème siècle, dans plusieurs pays a
émergé un courant en faveur d'une chasse écologiquement
responsable, représenté par l'ANCER en France.
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