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Les
champignons
Le
règne des mycota, ou mycètes, n'est autre que celui des
fungi, c'est-à-dire des champignons. La mycologie est la science
qui les étudie. Environ 75 000 espèces de champignons
ont été décrites à ce jour.
Définition
populaire
Dans la langue française, le mot champignon (« qui vient
dans les champs »), évoque pour la plupart des gens ces
« drôles de plantes » ou fructifications, visibles
à l'il nu (ce qui exclut la majorité des espèces
du règne fongique, les anciens micromycètes) :
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plus
ou moins charnues (comme l'évoquent les noms de bolet, cèpe,
etc.), à croissance étonnamment rapide, apparaissant et
disparaissant soudainement, de formes variées et parfois provocantes,
souvent munis d'un pied et d'un chapeau (d'où leur nom de tabouret
de crapaud, « toadstool » en anglais).
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ou
plus ligneuses et coriaces, envahissant lentement les troncs et branches
des arbres, sous forme de petites consoles (« sièges de
singes » en japonais), souvent nuisibles car attaquant le bois,
mais parfois aussi des plus précieuses, comme le « briquet
préhistorique » dit amadouvier, et l'agaric officinal,
puissant hémostatique encore utilisé en médecine
chinoise traditionnelle.
Fugaces et polymorphes, délectables ou mortels, ils ont de tous
temps fasciné, intrigué ou inspiré des sentiments
extrêmes, suscitant tantôt :
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l'adoration
ou la crainte, comme en témoignent leur usage dans les religions
animistes et le chamanisme, ainsi que les nombreuses expressions péjoratives
(« ronds de sorcières » ou « ronds de fées
», « tabourets de crapauds », « pholiote dévastatrice
», « trompette de la mort »), ou teintées d'érotisme
(« phallus impudique », « pénis de chien »),
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un
vif intérêt alimentaire, que ce soit comme des res nullus
roturiers (« viande du pauvre », « bolet des bouviers
») ou des mets prestigieux (« amanite des césars
», « tricholome des chevaliers », « bolet royal
», « truffe noble », etc.),
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la
tentation d'utiliser le puissant chimisme de certaines espèces
à des fins de dopage ou de thérapeutique (entrant dans
la composition de philtres comme le nectar de la Grèce antique,
l'approche magique des n'doep africains, etc.), voire comme poison utilisé
dans quelques assassinats célèbres.
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un
danger rationnel et potentiel, conforté par les visions cauchemardesques
des épidémies d'ergotisme de jadis, les intoxications
mortelles traditionnelles encore assez fréquentes aujourd'hui
(Amanita phalloides...), l'apparition de syndromes nouveaux (erythermalgie
provoquée par le Clitocybe amoenolens) et parfois même
inexplicables quand elles incriminent de bons comestibles comme le Bidaou
(Tricholoma equestre et consorts).
Toutefois, cette définition populaire omet la plupart des champignons,
qui sont de taille microscopique, tels que les rouilles, les levures
et les moisissures, parmi lesquels se trouvent les plus précieux
agents de l'alimentation humaine, mais aussi de redoutables parasites
des cultures, des animaux et de l'homme.
Transporté
dans les sciences naturelles, le mystère demeura en partie, comme
le montrent les premières classifications botaniques qui les
laissèrent longtemps placées dans les cryptogames ou végétaux
à reproduction cachée, principalement en raison de la
discrétion et de la complexité de leur mode de reproduction.
Champignons extrêmes
Les champignons ne sont pas tous microscopiques, loin de là.
Les fossiles de Prototaxites sont de nos jours classés comme
des anciens champignons ... de deux à neuf mètres de hauteur,
pour un mètre de circonférence: c'étaient les plus
grands organismes terrestres du dévonien et du silurien, il y
a 350 millions d'années.
De
nos jours, c'est également un champignon qui détient le
record de plus grand être vivant au monde (bien que la notion
d'organisme soit discutable dans ce cas): un mycélium de l'espèce
Armillaria ostoyae couvrant près de 9 km2 (880 hectares) a été
identifié en 2000 dans l'Oregon, par des tests d'ADN . Le record
précédent datant de 1992 était seulement de 600
hectares...
Définition
mycologique
Trois sporophores d'un même champignonAutrefois classés
avec les algues dans les végétaux « sans rameaux
feuillés » : cryptogames, thallophytes, non chlorophylliens,
ils constituent à présent un règne autonome, le
cinquième règne ou règne fongique [du latin fungus
= champignon].
Basée
sur celle des végétaux, la définition de l'organisme
fongique est d'abord négative : dépourvus de tiges, de
feuilles et de racines. Il est formé d'un appareil végétatif
appellé thalle, sans tissus fonctionnel ni organes différenciés,
constitué de cellules végétatives allongées
et cloisonnées nommées hyphes. Ces hyphes s'associent
le plus souvent en mycélium, sorte de feutrage difficile à
voir à l'il nu et le plus souvent impossible à identifier
en l'état. Parfois, le thalle est un simple tube sans cloisons,
on parle alors de structure cnocytique et de siphon.
Leur
reproduction est très discrète et d'apparence capricieuse,
tantôt asexuée, tantôt sexuée, au moyen de
cellules spéciales, les spores. Le champignon ne produisant pas
de fleurs, il ne peut être un fruit ou carpophore au sens botanique,
aussi l' appareil portant les spores et permettant la reproduction est
aujourd'hui désigné par « sporophore ».
Chez
les champignons supérieurs, cet appareil (souvent constitué
d'un pied et d'un chapeau et alors appelé champignon par le commun)
est particulièrement développé, le reste du champignon
(le mycélium) étant souterrain ou dans le cur du
bois ou de l'hôte animal et donc invisible. Les champignons «
inférieurs » peuvent aussi produire des sporophores, mais
ceux-ci demeurent microscopiques. La plupart des champignons ont une
structure pluricellulaires, mais il y a des exceptions notables : ainsi
les levures sont unicellulaires.
Définition du règne fongique
Sont classés dans le règne des Fungi tous les organismes
remplissant les conditions suivantes :
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Ils
sont eucaryotes (organismes possédant des cellules et dont les
chromosomes sont enfermés dans un noyau).
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Ils
sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone, qu'ils
doivent donc trouver dans leur environnement immédiat. Incapables
d'utiliser l'énergie solaire, ils absorbent de nombreuses molécules
carbonées fabriquées par d'autres êtres vivants.
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Ils
sont absorbotrophes, se nourrissant par absorption (décomposition)
et non par ingestion (caractère animal). Dépourvus de
racines, tiges et feuilles, leur appareil végétatif, appelé
mycélium, est diffus, ramifié et tubulaire, constitué
de filaments fins enchevêtrés, les hyphes, à croissance
apicale, permettant la nutrition par absorption. Dans la nature, la
plupart des champignons supérieurs ont recours à la mycorhize,
qui est une symbiose entre les racines d'une plante et le mycélium.
Les racines de la plante produisent le glucose (du sucre) pour le champignon,
celui-ci ne sachant pas le produire lui-même (manque de chlorophylle).
Le mycélium procure en retour de l'eau et des sels minéraux
inaccessibles aux racines de la plante.
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Ils
se reproduisent par des spores non flagellées ou exceptionnellement
à un seul flagelle (caractéristique faisant que le mildiou,
à deux flagelles, n'est plus aujourd'hui considéré
comme un champignon). En réalité, un seul groupe de Mycètes,
les seuls qui sont aquatiques aujourd'hui, présente des cellules
mobiles (flagellées) : le groupe des Chytridiomycètes.
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Ils
fabriquent des substances qui leur sont propres (tréhalose, mannitol...),
leur paroi contient de la callose, de l'hémicellulose et de la
chitine (voisine de la chitine des insectes, caractère animal,
alors que les végétaux possèdent une paroi cellulosique).
Leur premier polymère glucidique est le glycogène.
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Ils
élaborent des structures, de formes très variables, les
sporophores, capables de produire un nombre considérable de spores
haploïdes après une phase à dicaryon plus ou moins
longue ;
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Il
n'ont pas de différenciation sexuelle (périttogamie) et
présentent une dicaryophase assez développée entre
la plasmogamie et la caryogamie.
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