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La
liste rouge de l'UICN
État
des connaissances
Le Toromiro (EW), arbre ne survivant plus que dans les jardins botaniques
et privésL'évolution du déclin de la biodiversité
a entraîné l'évolution des méthodes d'évaluation.
En 1988, toutes les espèces d'oiseaux avaient été
évaluées et, en 1996, l'état de conservation de
toutes les espèces de mammifères mondiaux a été
décrit. La liste a permis d'établir un cadre de référence
pour la surveillance de l'évolution de la conservation des espèces.
Parmi les 5 205 espèces décrites dans l'édition
de 1996, 25% des mammifères et 11% des oiseaux étaient
indiquées commes étant menacées. Fin 2006, plus
de 16 000 espèces ont été classées comme
menacées sur une liste de 40 000 espèces évaluées.
En
2006, l'UICN considère qu'une espèce de mammifère
sur quatre, une espèce d'oiseau sur huit, et un tiers des amphibiens
sont menacés.
Cette
proportion est à prendre avec prudence : cela ne signifie pas
que les mammifères et les oiseaux, qui ne représentent
qu'une part infime de la biodiversité soient plus menacés
que les invertébrés (représentant 99 % des espèces
animales) mais simplement que ces espèces sont mieux connues,
plus souvent étudiées, et que l'on
peut donc juger de l'évolution des populations.
Les
invertébrés sont pour la plupart soit encore inconnus, soit
insuffisamment étudiés. Le très faible nombre de
spécialistes de ces animaux expliquant qu'il faudra plusieurs décennies,
voire plusieurs siècles pour simplement identifier toutes les espèces
d'invertébrés.
Les
critères retenus par l'UICN sont la diminution de l'aire de répartion
et/ou du nombre d'individus, mais la diminution de la diversité
génétique de populations peut également être
un problème sous-estimé.
Évolution de la liste
Le statut de la gazelle dama s'est dégradé, passant de
EN (1996) à CR (2006).L'UICN se donne comme objectif de réévaluer
chaque espèce tous les 5 ans si possible, tous les 10 ans tout
au plus. Ce travail est fait par des comité de lectures, dès
lors que la commission CSE de l'UICN a collecté l'ensemble des
données nécessaires à la réévaluation
de l'espèce.
En
2006,
871 espèces ont été réexaminées qui
permettent de voir si le statut d'une espèce s'est amélioré,
dégradé ou est resté identique :
...
.
172
espèces ont vu leur statut se dégrader ;
...
.
139 espèces ont vu leur statut s'améliorer ;
...
.
le
nombre d'espèces classées Eteintes (EX) est égal
à celles enlevées des catégories EX et EW ;
...
.
33
espèces réévaluées ont été
déplacées vers la catégorie Données Insuffisantes
;
...
.
527
espèces réexaminées n'ont pas changées de
statut (ou catégorie) .
Parmi les espèces qui ont vu leur catégorie de menace
modifiée en 2006, on peut citer parmi les plus connues l'Hippopotame
(Hippopotamus amphibius), qui passe de la catégorie préoccupation
mineure (LC) à vulnérable (VU), ainsi que l'Ours polaire
(Ursus maritimus) classé depuis 2006 dans la catégorie
vulnérable (VU). D'autres espèces ont vu leur statut s'améliorer,
comme le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) qui
passe de la catégorie quasi-menacée (NT) à préoccupation
mineure (LC).
En
2007,
la mise à jour de la Liste a confirmé un déclin
accéléré de la biodiversité : les coraux,
les vautours, les albatros, tous les grands singes et les dauphins sont
en danger, du fait des activités humaines qui détruisent,
dégradent et fragmentent les habitats, ainsi quà
cause probablement des premiers effets des modifications climatiques.
Depuis le début du XVIe siècle, les extinctions concernaient
surtout les îles, depuis 20 ans, aucun continent nest épargné.
Les espèces introduites devenues invasives, une chasse et pêche
excessives, certaines prélèvements pour collectionneurs
et la pollution générale et locale de lenvironnement,
ainsi que des maladies diffusées par lhomme sont aussi
en cause. Et le changement climatique pourrait exacerber ce phénomène,
alors même que la biodiversité est nécessaire à
la stabilisation du climat. Les coraux (qui jouent un rôle comme
puits de carbone) soufrent du réchauffement et de la pollution
ou acidification générales des eaux, ainsi que de la modification
du rayonnement solaire
Sur
41 415 espèces étudiées, 16 306 sont menacées
dextinction (188 de plus quen 2006).
...
.
785 espèces sont considérées comme éteintes
...
.
65 autres nexistent plus quen captivité ou en culture.
...
.
un
mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un amphibien sur trois
et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril.
Les
efforts de protection ont permis de sauver quelques espèces ou
plus souvent de les faire passer de la catégorie « En danger
dextinction » à « En danger » (ex Perruche
de Maurice), mais les efforts restent très insuffisants à
tous les niveaux de la société estime l'UICN.
Le
taux dextinction reste au moins 100 à 1 000 fois supérieur
au taux naturel, pour presque tous les grands groupes végétaux
et animaux qui ont en 2006/2007 encore vu leur nombre despèces
menacées croître. Et de nombreuses espèces discrètes
ne sont pas suivie, disparaissant dans lindifférence ou
sans même quon le sache.
Le
dauphin chinois du Yangtze semble éteint (un seul témoignage
de présence en aout 2007, en cours de vérification) La
forêt primaire recule partout, ainsi que les derniers grands singes,
dont le gorille des plaines de louest classé cette année
« en danger critique » et qui pourrait perdre 50 % de sa
population de 1992 à 2011 ; Au rythme actuel, lorang-outan
de Sumatra devrait avoir complètement disparu en 2020, faute
de forêts. En Inde et au Népal, le gavial est très
menacé par les barrages, lirrigation et les carrières
de sable
La
France est assez mal placée pour donner des leçons, et
pas seulement à cause de lOurs et du loup : elle compte
641 espèces menacées au niveau mondial, ce qui la classe
dans les 10 pays les plus concernés. Le comité français
de lUICN et le Muséum préparent pour 2010 un bilan
exhaustif des espèces présentes en métropole et
outre-mer.
L'«
Initiative d'évaluation de la biodiversité »
Devant l'immensité de la tâche consistant à évaluer
toutes les espèces vivantes, et pressés par l'urgence
des extinctions et de la demande d'information concrète sur l'érosion
de la biodiversité, l'UICN et le CSE ont lancé un programme
nommé « Biodiversity Assessment Initiative » (Inititative
d'évaluation de la biodiversité). Ce programme consiste
à évaluer de façon exhaustive certains groupes
taxonomiques déjà bien connus et pouvant servir d'indicateur
de l'état de la biodiversité dans le monde.
Plusieurs
programmes d'évaluation ont donc été mis en place,
en partenariat avec le Center for Applied Biodiversity Science, groupe
de Conservation International.
...
.
Le
GAA Global amphibians assessment ou évaluation mondiale des amphibiens,
a été achevé en 2004. Les résultats sont
alarmants : une espèce d'amphibien sur trois est menacée
d'extinction.
...
.
Le GMA Global mammals assessment ou évaluation mondiale des mammifères.
...
.
Le GMSA Global marine species assessment.
...
.
Le FBA Freshwater biodiversity assessment.
Lacunes
et limites de la liste
Depuis plus de quarante ans que la liste rouge de l'UICN existe et grandit,
la vision que l'on a des dangers que court la biodiversité s'est
positivement améliorée. On ne peut cependant que constater
l'immensité du travail qui reste à accomplir. Si les espèces
d'oiseaux, les mammifères et les amphibiens ont été
presque complètement évaluées, les lacunes sont
encore considérables pour le règne végétal,
les espèces marines et surtout l'immensité des invertébrés
dont seulement 0,033% étaient évalués en 2006.
La liste rouge des plantes
Une des voies d'amélioration de la liste rouge dans les années
à venir consiste à mieux évaluer le danger d'extinction
des plantes. Seules quelques plantes étaient présentées
dans les premiers fichiers sur les espèces menacées. Le
livre rouge des plantes menacées, paru en 1978, commença
à combler cette lacune, mais il aura fallu attendre 1997 et la
liste rouge de l'UICN des plantes menacées pour obtenir un compte-rendu
plus complet, mais encore loin de la réalité.
En
effet, sur les quelques 287 000 espèces de plantes décrites,
seulement 11 901 espèces avaient été évaluées
lors de la version 2006 de la liste rouge, soit à peine 4% du
total, sans compter les découvertes à venir. Seuls les
Gymnospermes ont été presque complètement évalués
(908 espèces évaluées sur 980 décrites,
en 2006).
Une méthode de classification
parmi d'autres
Les critères et catégories employées pour la liste
Rouge sont largement utilisés à l'échelle mondiale.
Cependant, d'autres méthodes d'évaluation des menaces
sur la biodiversité existent, souvent plus spécialisées,
tels celles de la convention internationale CITES ou les travaux du
Comité sur la situation des espèces en péril au
Canada (COSEPAC).
Le
COSEPAC a sa propre terminologie pour classifier les espèces.
Une espèce sauvage menacée d'extinction est dite espèce
en péril. Ce terme peut s'utiliser pour une espèce éteinte.
Les espèces en péril sont classées en cinq catégories[8],
selon un niveau de risque d'extinction croissant. Cependant, depuis
2003 le COSEPAC utilise les critères de classification de l'UICN
pour savoir si une espèce est ou non en péril.
La
CITES utilise des catégories différentes de l'UICN, sur
la base de critères utilisant les mêmes termes (taux de
déclin, aire de répartition...) mais se distinguent par
la numérotation, les taux et les aires adoptés pour quantifier
ses critères. En général, les chiffres utilisés
pour les critères de l'UICN sont plus contraignants. Par exemple,
les chiffres de l'UICN se rapportent à des individus matures,
ceux de la CITES ont trait à la totalité de la population.
De ce fait, un rapport de la FAO considère que l'évaluation
des espèces aquatiques par les critères de la CITES sont
problématiques.
Critiques
Le statut du Pygargue à queue blanche s'est amélioré,
passant de NT (2004) à LC (2006).Le classement d'une espèce
dans une catégorie de la Liste rouge peut être remis en
question. Ainsi des requêtes peuvent être déposés
auprès de l'UICN pour "reclasser" une espèce.
De tels requêtes se font obligatoirement sur la base des catégories
et critères de la Liste Rouge pour apporter la preuve du reclassement.
Actuellement deux requêtes ont été déposées.
Certaines
personnes considèrent que la Liste Rouge véhicule une
information trop négative. L'allongement de la liste des espèces
menacées, année après année, semble démontrer
l'inefficacité des politiques de conservation. Afin de motiver
l'opinion publique et les décideurs mondiaux à poursuivre
les efforts de protection, le concept de "Liste Bleue" a été
développé. Ces listes abordent la question de la protection
des espèces par un autre aspect, en reportant les espèces
des Listes Rouges qui, grâce aux efforts de conservation, ont
vu diminuer leur risque d'extinction. Elles sont les témoins
du succès des politiques environnementales.
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